2018 06 14- Malinero - A la recherche du vent perdu...

A la recherche du vent perdu

Ou Embarquement pour six terres[1]

Croisière Malinero en Croatie du 14 au 28 juin 2018

Nous arrivâmes tous les sept par une chaude après-midi ensoleillée, en ordre à peu près groupé, à la marina de Kastela.

Malinero[2] est au mouillage tout au bout du quai [3](quasiment à la dernière place, près de la sortie). Et chacun de s’ébaubir devant la petite merveille :

(sur l’air de  « Marinella » – Tino Rossi)

Malinero,

C’est vrai que t’es un beau bateau

Avec toi nous allons sur l’eau                          

Naviguer pendant qu’il fait chaud

                

                Le doux ronron du moteur

                 Nous berce dès les premières heures     

                 En attendant un vent meilleur…            

                Quand on envoie le génois

                 A chaque fois on est pantois…

                Car il suffit qu’la voile soit prête

               Pour que le vent s’arrête

 

Le soir même nous assisterons à l’arrivée au port d’un bateau désemparé, la grand’voile en charpie, torchonnée à l’envi par les bourrasques…

Après une bonne nuit, les formalités d’usage et un coup de sifflet bref, les amarres sont larguées, c’est le départ d’une odyssée qui nous mènera au gré du vent (avis de tempête ou calme plat) en des endroits plus enchanteurs les uns que les autres…Brac, Hvar, Korcula qui a vu naitre Marco Polo, Lopud, Dubrovnik, Mljet où la nymphe Calypso retint Ulysse pendant 7 ans, Skradin et les cascades de la rivière Krka. Toutefois, nous serons privés de tour de Vis[4].

Les journées passent, dans l’attente d’un éventuel souffle de vent…l’équipage reste des heures à regarder la mer. Le capitaine a pour sa part les yeux rivés aux compteurs ; à la moindre risée flirtant avec les 8/9 nœuds, il coupe le moteur… hélas le vent s’arrête aussi....et de redémarrer pour conserver une honnête moyenne de 5 nœuds !

(Sur l’air de » Voyage voyage » – Desireless)

A la voile ou au moteur

Le matin on dérape de bonne heure

Navigue navigue

Sans regarder l’heure

 

Tous les jours de bonne humeur

Vers 10 heures on mange des petits beurres

Navigue navigue

Vogue vers le bonheur

 

Et quand le vent se lève

C’est pour une durée brève

Heureusement le moteur

Est toujours plein d’ardeur.

 

Navigue navigue

Au gré du vent et d’ses rafales

Navigue navigue

Jusqu’à la prochaine escale…

 

D’Kastela à Korcula

De Dubrovnik aux chutes de la Krka

Navigue navigue

Envoie le génois…

 

De Skradin à Kastela

Faut revenir à la marina

Navigue, navigue

Ne t’arrête pas…

 

Mais parfois le sondeur

Nous donne quelques frayeurs

Affichant par erreur

Une mauvaise profondeur !

 

Navigue navigue

                Essaie d’envoyer de la toile

Navigue navigue

Pour filer bon train sous les voiles…

 

La croisière n’est pas toujours un long fleuve tranquille, loin s’en faut !

Les aléas matériels 

  •  Une prise de coffre acrobatique : le matelot, armé de sa gaffe tel un hallebardier des temps anciens, croche d’un mouvement sûr et élégant la bouée objet de sa convoitise. Las ! la moitié de la gaffe se désolidarise et tombe à l’eau, et notre chevalier des temps modernes dépité ne tient plus dans la main qu’un bête morceau inutile. Le plan bis immédiatement déclenché n’aura pas tout à fait l’effet escompté : la gaffe magique, dont on ne maitrise pas encore l’utilisation, reste quant à elle accrochée à la bouée[5], mais l’aussière a été passée.
  • Les séances de nettoyage aux escales ne manquent pas de piquant non plus : l’unique brosse du bord profite d’un nettoyage du pont pour se séparer de son manche elle aussi[6]. Elle réitérera son abandon de poste à l’arrivée, et sera repêchée dans le port avec le seau (lui au moins n’a pas lâché son bout), et réparée à grand renfort de vis.
  • Le sondeur de temps en temps est pris de fantaisie et affiche une profondeur avoisinant zéro dans des zones a priori profondes, créant quelques instants d’angoisse. Perplexe, le capitaine fera même des contrôles au sondeur à main dans une marina. Mais le mystère demeure, et le sondeur continuera ses facéties.

La météorologie capricieuse:

  • On ne peut parler de croisière de plaisance en Croatie sans aborder le délicat sujet de la météorologie. Quel que soit le site consulté, les prévisions peuvent s’avérer assez fantaisistes. Les appels sécurité de la VHF ne sont pas faits pour rassurer le néophyte, d’autant moins que les messages crachotés sont difficilement compréhensibles pour une oreille non exercée à ce type de borborygmes.
  • Ainsi, une alerte au coup de vent nous consignera dans une baie sympathique, mais nous ne verrons pas le coup de vent annoncé (sauf au moment de se mettre à quai).
  • Parfois Eole y met du sien…et un peu trop, avec lui, c’est tout ou rien...ou on s’envole, ou c’est la pétole
  • On se souviendra longtemps de la nuit à Zaton, sympathique petit port en principe très abrité… Copieusement arrosés par un orage en début de soirée[7], le programme de séchage automatique sera violent avec des rafales dépassant les 50 nœuds ! D’aucun raconte qu’une vieille femme se tenait cette nuit là au bout du quai, soulevant sa jupe pour essayer dit-on d’en « chopper un ou deux » ! Le capitaine et ses fidèles équipiers se relaieront sur le pont pour vérifier les amarres.
  • Un beau jour, Eole s’est levé (il a quand même fait une grasse matinée). Des rafales à 32 nœuds viennent briser le ronron tranquille et rassurant du moteur. Gérard, tel une walkyrie, tient la barre et chevauche les flots furieux. Malinero caracole sur les vagues, il tient bon le vent et file vaillamment sur la mer démontée (enfin, pas tout à fait…mais bien blanche quand même). Au fond de la cambuse où j’œuvre à la confection d’un déjeuner frugal, le bruit lancinant de la course associé à la gite du bateau et à l’écume qui défile devant le hublot laisse imaginer un record de vitesse. En fait nous (ne) filons (que) 8,9 nœuds. Record à battre tout de même.Puis le vent s’arrête et Malinero retrouve son assiette (et nous aussi car il était temps de se restaurer).

Les agréables découvertes gastronomiques et autres

  • Au nord de Mljet, la passe sud d’accès à Polace a tout du fjord scandinave. Nous sommes talonnés par d’autres plaisanciers…les places à quais sont rares en cas de vent mauvais. Le capitaine jette son dévolu sur un des rares coffres libres, dont le propriétaire - patron du restaurant Ankora - nous laisse une impression plutôt mitigée lors de la manœuvre tant il vocifère et réclame à grands cris un « spring [8]» (quésaco ???). En fait, il se révélera tout à fait cordial et avouera son faible pour le pastis. Le fond de bouteille que le capitaine[9] lui offrira achèvera de dégeler les relations internationales et il nous gratifiera  en retour de rogoznica lors du diner dans son établissement.Après quoi, le retour en annexe au bateau sera épique : on fera quelques ronds dans l’eau avant d’atteindre l’objectif ! Mais le capitaine, grand seigneur, décrétera un boujaron de rhum pour les courageux rameurs.

 (sur l’air de «  Mais d’aventures en aventures » - Serge Lama)

De crique en crique et d’ile en ile

Et de  mouillage en marina

Jamais encore ça j’en suis sûre                       

J’ n’ai mangé mieux qu’à Ankora

  • A force de scruter la mer, on finit toujours à l’instar de Sœur Anne par voir quelque chose. Ce matin là nous avons eu la chance de croiser un troupeau de dauphins en vadrouille. Splendide rencontre sur le chemin de Skradin.
  • De Sibenik et Skradin, des parcs à moules et huitres jalonnent les rives. On s’y approvisionne en huitres[10] et en moules. A noter que les frites ne sont pas fournies avec icelles ! Jean et Gérard nous concocteront un plat mémorable le soir même.
  • Les spectaculaires cascades de Skradin (Skradinski buk) ne sont plus à vanter. La balade pédestre passe par un moulin, dont on peut voir fonctionner encore une des nombreuses meules de pierre colossales. C’est le dépaysement total : de l’eau partout, une végétation luxuriante… je m’imagine à la recherche des sources du Nil au-delà des cataractes. Nous n’avons rencontré ni Stanley, ni Livingstone.
  • Alors que nos réserves de pastis percutent le zéro absolu, on a la joie de découvrir au retour des cascades, par un hasard mystérieux et chez un caviste fin connaisseur, une bouteille de Bardouin[11] … pleine. Ouf sauvés !
  • Malgré son nom à la consonance japonaise, le cake Tifoutou n’a absolument rien de nippon. Il serait plutôt fripon. Sa composition répond à des critères très stricts : en sus des éléments de base (œufs, farine et levure) on y met absolument tout ce qui passe à portée de main et de préférence n’importe quoi. D’un cake à l’autre, on relève des différences de goût, de couleur et de consistance, mais ils sont toujours délicieux. Dominique nous en fera deux : un jaune et un rouge brique, très appréciés à l’apéritif.

Remerciements

Cette belle aventure n’aurait pas vu le jour sans le travail préparatoire minutieux du capitaine Ad Hoc, qui a consacré ses longues soirées d’hiver à concevoir un circuit alternant découvertes de criques, baignades, balades et visites, avec plans bis, voire ter, en cas de météo défavorable.

Récapitulatif du circuit

Nuit 1 Marina Kastela

Nuit 2 Marina Milna – Brac  - restaurant Palm

Nuit 3 Marina Hvar – Hvar

Nuit 4 Mouillage Uvana Gradina – Sveti Ivan - Korcula – restaurant

Nuit 5 Marina Vela Luka – Korcula

Nuit 6 Marina Korcula – Korcula

Nuit 7 Mouillage Uvala Sunj -  Lopud

Nuit 8 Marina de Zaton

Nuit 9 Mouillage Saplunara – Mljet – restaurant Saplunara

Nuit 10 Marina Polace – Mljet – restaurant Ankora

Nuit 11 Marina Brna - Korcula

Nuit 12 Marina Maslinica – Solta

Nuit 13 Marina Skradin

Nuit 14 Marina Rogaznica

Nuit 15 Marina Kastela – restaurant de la marina

Bon à savoir

Se munir de :

·         produit anti-moustiques

·         chaussures filet pour la baignade : attention aux oursins

·         d’espèces : change plus avantageux que le cours appliqué au retrait d’argent aux distributeurs A noter que le cours appliqué aux paiements par effectués par carte bancaire est encore plus avantageux.

 

 

Le 10 juillet 2018

Sylviane Colléter



[1]Dans l’ordre : Brac, Hvar, Korcula, Lopud, Mljet et Solta

[2]Malinero : petit noir en croate, si si.

[3]Et non pas au cou du bey ! D’accord, d’accord ça n’a rien à voir…et les jeux de mollets fatiguent les jambettes !

[4]Sans sombrer dans la paranoïa, je me demande s’il ne s’agit pas là d’une extension de l’interdiction formelle à bord de marteau et de burin, décrétée à l’issue de la croisière toulonnaise.

[5] Après lecture du mode d’emploi et quelques tests en réel, son utilisation n’aura plus de secret pour l’équipage. Nous ne saurons trop recommander aux équipages suivants de s’initier à son maniement avant le départ.

[6]Voir plus haut, cf la gaffe. Il semblerait que gaffe et brosse aient été bien mal emmanchées dès le départ.

[7] Inutile de mettre de l’eau dans le pastis, elle y tombait naturellement pour peu que l’on tendît son verre.

[8]Et pas un « string ». Un spring est une garde, ainsi que nous le confiera le Captain, qui s’était judicieusement muni du fascicule de la SNSM des termes usuels Français / anglais.

[9]Notre capitaine a bon fond.

[10]Il s’agit d’huitres sauvages au manteau noir, dont la saveur rappelle un peu les belons.

[11]Pour ceux qui ne connaissent pas : pastis très parfumé. A découvrir d’urgence.

2018 06 02 - Split-Split

Le vendredi 1er Juin, pour le vol aller, nous avons fait escale à Belgrade avant de rejoindre Split. Nous sommes ensuite allés en bus jusqu’à la Marina Kastela, où nous avons découvert le bateau et fait l’avitaillement. Le lendemain matin, après avoir fait un petit briefing sécurité et une visite approfondie de l’extérieur et de l’intérieur de Malinero, nous sommes partis au moteur direction Split pour une prise en main. L’arrêt à Split avait pour objectif de payer la taxe de séjour (950 Kn pour 2 semaines). Nous avons voulu nous mettre le long du quai le plus proche de la capitainerie mais nous nous sommes fait jeter sans ménagement car la place convoitée était celle d’un traversier, qui justement revenait au port. Nous avons finalement pu négocier de rester une heure sur un autre quai avant de repartir cette fois sous voiles en direction de Brak. Le vent forcissant lors de notre passage entre Brak et Solta, nous avons pris un ris. Après le passage entre les iles, nous sommes retournés vers Milna pour une pause de quelques heures, qui s’est transformée en un arrêt pour la nuit au quai (500 Kn). Après une visite de la ville et une baignade, nous avons mangé dans une terrasse des produits de la mer grillés au feu de bois (poissons, crevettes et calamars). Nous avons croisé beaucoup de vélos sur cette île; des petits bateaux de croisière débarquant leurs passagers avec leurs vélos pour une balade autour de l’île. Je pense que pour ceux qui n’ont pas d’assistance électrique, cela doit être assez sportif au regard des routes que l’on a pu apercevoir de la mer.

 

Le 3 juin, nous étions levés tôt mais il y avait déjà du monde sur les bateaux. Certains étaient réveillés alors que d’autres dormaient dans les cockpits à la belle étoile. Après avoir pris notre petit déjeuner, nous sommes allés prendre un mouillage abrité à Milna juste à côté de la marina pour une baignade en attendant le vent. Nous sommes ensuite repartis vers 10 h 30 et passés à la voile entre les iles de Brac et de Solta avant de descendre le long de la côte sud de Brac en vent arrière en direction de la plage de Dugi rat où nous espérions pouvoir nous arrêter pour profiter du sable fin. Mais un vent d’ouest s’est mis à forcir jusqu’à atteindre 35 noeuds, ce qui nous a obligé à prendre 2 ris et nous a conduit à repartir, sans même nous arrêter, en direction de l’embouchure menant à Stari Grad. Arrivé sur place, nous avons mouillé dans un premier temps proche du centreville dans une zone qui semblait autorisée selon la carte, mais après 30 minutes la capitainerie nous a fait savoir que l’on ne pouvait pas rester. Nous nous sommes donc un peu éloigné jusqu’à trouver une zone abritée et déserte. Le soir alors que nous prenions l’apéro, une petite vedette en panne de moteur est passée à proximité de Malinero. Nous lui avons lancé une haussière pour lui permettre d’attendre le zodiac de la capitainerie venu les chercher (Position du mouillage 43°11’3594’’ N ; 16°34’7935’’ E).
Après une nuit calme, même si réveillé 2 ou 3 fois pour vérifier le mouillage, nous nous sommes promenés vers la ville de Stari Grad où nous avons pu faire quelques courses pour compléter notre avitaillement. Vers 11 h, nous sommes partis en direction d’Hvar. Sous un vent calme et changeant, nous avons longé en tirant quelques bords les îles Infernales. Arrivés à Hvar, nous avons commencé par faire un petit tour du port en voilier puis nous avons fait un mouillage juste devant la ville (Position du mouillage 43°10’177’’ N ; 16°26’079’’ E). Une partie de l’équipage est alors partie en annexe visiter Hvar avec pour mission de remplir leur petit bidon d’essence, pendant que les autres assistaient à des manoeuvres de mouillage assez hasardeuses de différents voiliers autour du bateau. Une vedette du port était même présente pour essayer d’organiser un peu la chose. Lorsque l’équipage a été réuni au complet, nous sommes repartis en direction d’un autre mouillage à U. Duboka Vela pour passer la nuit (Position du mouillage 43°09’787’’ N ; 16°22’918’’ E).

 

 

Réveillés par une alarme batterie, nous avons commencé dès l’aube des exercices en allant passer une haussière à terre, histoire de travailler l’amarrage cocotier. Ensuite nous avons fait une petite promenade pour aller explorer la côte ouest de l’île où se trouvaient quelques voiliers dans des criques très sympa. Néanmoins, nous avons pu constater que ces mouillages étaient un peu plus exposés que le notre qui était très abrité du vent d’ouest/sud-ouest. De retour au bateau nous avons pris notre petit déjeuner puis nous nous sommes baignés en appâtant les poissons avec quelques miettes de pain. Au moment du départ, un très beau voilier à 2 mats est venu prendre place à l’entrée de la baie que nous pensions pourtant avoir privatisé. Avant d’hisser les voiles, nous avons fait un petit tour vers l’entrée de la Marina Palmizana (encore une Marina ACI) à Makja puis nous avons fait route vers le sud en prenant la passe de Velo Zdrilo entre SV Klement (Iles Infernales) et Borovac. Ce passage est assez étroit et peu profond donc c’est bien sagement que nous sommes restés derrière les 2 bateaux qui nous précédaient même si l’envie de les doubler était forte. Après avoir longé un peu la côte sud des îles infernales en croisant les voiliers qui quittaient leurs mouillages, nous avons fait route vers la côte Est puis Sud de Vis à la recherche de la baie de Stiniva, présentée dans les guides comme la plus belle de l’île de Vis, si ce n’est de tout le pays. Arrivés sur place, nous avons mis l’ancre dans une espèce de souricière pour manger, mais la houle et le vent entrants nous ont incités à repartir assez vite pour éviter tout incident. Le repas fut donc pris en mer sous génois seul par vent arrière, ballotés par une petite houle venant sur notre travers, en faisant route vers lîle de Bisevo, fameuse pour sa cave bleue. Arrivés sur place, nous avons cherché la zone de mouillage et repéré les bouées mais l’endroit étant très exposé à la houle, nous sommes repartis sans nous arrêter pour Komiza à l’ouest de Vis où nous avons passé la nuit accrochés à une bouée (tarif: 250 Kn). Peu après notre arrivée, un fort orage s’est déclenché pour bien rincer le pont. Une fois l’orage passé, nous sommes partis visiter la ville de Komiza. Il n’est pas facile de trouver une place pour atteindre la berge en annexe au milieu de tous les petits bateaux de pêche, mais c’est probablement fait à dessein pour nous inciter à prendre les bateaux taxi qui tournent entre les voiliers au mouillage. La ville nous est apparue sympathique même si comme à Milna, beaucoup de maisons sont à l’abandon. La ville semble surtout vivre des voiliers de passage et aussi un peu de la plongée. Le problème c’est que côté commerces, ils prennent un peu les touristes pour des pigeons. C’est ainsi qu’au moment de prendre une glace, il a fallu demander au serveur de rajouter la glace car on aurait cru qu’il ne nous avait donné que le cornet. En ce qui concerne les sanitaires, c’est propre mais très limité: 2 douches et idem pour les toilettes.

 

 

 

 

 

En ce 6ème jour de navigation, le départ de Komiza a été un peu avancé lorsque nous avons aperçu d’autres voiliers qui semblaient partir pour Bisero où nous n’avions compté que quelques bouées de disponibles. Arrivés sur place nous avons pris une bouée avec la nouvelle gaffe automatique. A peine amarrés, une barque est venue nous chercher pour aller visiter les caves (tarif: 70 Kn par personne). La visite n’est pas très longue (compter 30 minutes), mais en fin de matinée, avec le soleil, le spectacle est impressionnant. Après être entrés en se penchant, nous avons découvert un éclairage envoutant. L’endroit est très touristique mais vaut le coup d’oeil. De retour au bateau, nous n’avons eu que 5 minutes pour quitter les lieux et reprendre notre route vers le nord. Nous aurons bien tenté d’hisser plusieurs fois les voiles mais par faute de vent, c’est au moteur que nous aurons rejoint après 5 heures de navigation un mouillage dans la baie de Primosten, où nous avons pu nous baigner avant d’aller avec l’annexe visiter la presqu’île et faire quelques courses. Il est à noter que l’échelle de bain sur Malinero est nettement plus pratique que sur Sirenade.
Nous sommes repartis de Primosten vers 7 h du matin au moteur. Après avoir contourné la ville de Primosten, nous sommes remontés vers le nord en slalomant entre les iles jusqu’à l’entrée du canal de SV Anté. Juste après l’entrée, nous avons fait un mouillage le temps d’une baignade. Ensuite nous avons remonté le canal en direction de Sibenik, puis la rivière Krkaj qui serpente sur environ 5 Mn jusqu’à Skradin.

Nous sommes passés sous 2 ponts, dont celui de Guberina d’une hauteur de 30 m alors que notre tirant d’air était de 22 m. Heureusement d’autres étaient déjà venus avant nous ce qui nous a rassuré sur le fait que cela devait passer! Le midi, nous avons fait un mouillage devant Kradin le temps du repas puis comme le vent soufflait, nous avons amené le bateau à quai à la marina ACI de Skradin pour aller ensuite visiter les cascades. Nous avions initialement prévu de repartir avant 17 h mais par faute de temps, nous avons finalement décidé de passer la nuit à la marina (tarif: 696 Kn pour la nuit). A l’arrivée aux cascades, il y avait beaucoup de monde mais heureusement au fur et à mesure que nous montions, la foule s’est dispersée. Le soir après un petit tour dans la ville nous sommes allés au restaurant manger en terrasse.

 

 

 

 

 

 


Après une petite promenade matinale et une douche pour ceux qui le souhaitaient, nous sommes repartis vers 7 h 30. Nous avons bien failli oublier un équipier car le CdB était persuadé qu’il était encore dans sa cabine à se reposer, alors qu’il était parti aux sanitaires. Nous avons pris notre petit déjeuner pendant la descente de la rivière Krkaj en profitant du paysage. Le pain n’étant pas la spécialité croate, nous avons pu apprécier la fonction grill du four pour préparer nos tartines. Ensuite, le descente fut aussi l’occasion de faire quelques surliures. Arrivés à la mer, nous avons mouillé devant Jadrija pour un petit bain. Le sol constitué d’une roche plate avec juste une fine couche de gravillons n’était pas de bonne tenue. Le vent montant, nous avons quitté le mouillage sous voiles. Après un bord vent arrière en direction de Vodice, nous avons commencé à tirer des bords pour redescendre en slalomant entre les îles Tijat, Zmajan, Zlarin… Pendant une partie de la navigation, le vent est monté force 7, ce qui nous a obligé à réduire la toile. Afin de pouvoir manger dans des conditions confortables, nous avons rejoint l’anse de Kalina où nous avons pris un mouillage pour le repas. Si au départ l’ancre semblait bien accrochée, après 45 minutes, le bateau a commencé à déraper sous l’effet des rafales de vent. Ceci a donc sonné l’heure du départ pour rejoindre Rogoznica. Nous avons commencé sous voiles à tirer des bords puis avons du finir au moteur car comme presque chaque jour, en seconde partie d’après midi le vent était tombé. Arrivés sur place, nous avons pris une bouée (tarif: 250 Kn) car de l’orage était annoncé pour le soir. Avant de manger, nous avons rejoint la presqu’île de Rogoznica qui vient d’être réaménagée puis une partie de l’équipage a marché jusqu’à la marina, pendant que les autres allaient les chercher en annexe pour ensuite ramener tout le monde au bateau. Nous n’aurons pas vraiment eu l’occasion de profiter des commodités de la marina mais de ce que j’ai pu en voir, tout était très propre et en très bon état.
Après une nuit très très arrosée (par la pluie j’entends), nous avons pris notre petit déjeuner pour la première fois à l’intérieur. La pluie était tellement intense que de l’eau s’est même infiltrée dans le bateau par un mécanisme que je ne m’explique toujours pas totalement. Pas de candidats à la baignade ce matin la, sauf pour moi qui suis allé faire le pitre le temps d’une photo dans l’annexe, où l’on avait au moins 15 cm d’eau (la nourrice flottait presque!). Le temps restant gris, c’est habillé de nos vestes de quarts que nous avons quitté Rogoznica. Au départ le vent permettait d’avancer à plus de 6 noeuds sous voile, mais nous avons alterné entre pluie et moteur toute la matinée en slalomant entre les ilots jusqu’à Trogir. Arrivés à Trogir, nous nous sommes approchés de la vieille ville puis nous avons fait le plein de gasoil (52 litres) avant d’aller mouiller devant la plage de Trudor. Comme il faisait moins chaud que les autres jours, afin de capter un maximum de soleil, nous avons retiré le taud de soleil. Puis lorsque les nuages sont revenus nous avons remis taud plus capote. Afin de comprendre comment était attachée la chaine aux 20 m de cablot supplémentaire, nous en avions descendu 70 m même s’il n’y avait que 10 m de fond. Au moment de repartir, cela a pris un certain temps à tout remonter, puis nous avons fait route vers la marina de Kastela. En tirant des bords, nous avons pu naviguer sous voiles une grande partie de l’après midi, le temps de contourner l’île de Ciovo. C’est finalement vers 17 h 30 que le bateau s’est retrouvé amarré sur pendille à la Marina Kastela, après une dernière manoeuvre venant achever ce périple de 267 Mn (30 heures moteur). Nous avons fait quelques courses pour l’avitaillement et le ménage puis sommes allés mangés dans une brasserie pour débrifer notre superbe semaine de navigation. En rangeant, nous avons encore découvert du matériel dans certaines cachettes, preuve que l’on aurait eu besoin d’encore quelques jours à bord pour tout connaitre. La découverte du bateau et du plan d’eau auront été pour chacun de nous une formidable expérience et nous avons tous hâte de retrouver Malinero pour de nouvelles aventures. En attendant, nous allons suivre les autres sur vessel finder.

Merci à Yvon, Gabriel et François d’avoir trouvé et préparé ce superbe bateau, à la fois robuste, confortable et manoeuvrable.

2018-05-05 C'est parti pour Malinero

Ce  samedi 5 mai est vraiment particulier puisque nous volons vers SPLIT pour rejoindre Malinero, 20ème bateau de Mer Amitié. Le plus grand aussi ! La conclusion d’un projet initié il y a presqu’un an, lorsque nous tentions de définir la suite à donner à la merveilleuse aventure de Sirénade en 2017. Place maintenant aux navigations.

Dès le dimanche, nous filons Trogir tout proche, non sans faire quelques détours pour hisser les voiles et percevoir les premières sensations. Elles seront très positives.

Trogir est une étape importante car elle doit nous permettre d’obtenir la ‘vignette’, sésame indispensable pour naviguer en Croatie. Pour obtenir cette vignette, il faut montrer patte blanche (permis, attestation d’assurance et contrat d’assurance) mais aussi apporter la preuve que le demandeur est bien un représentant de l’association. Facile à dire,  moins simple à faire à distance avec des documents officiels. Cette étape nous prendra la journée du lundi, nous permettant ainsi d’explorer plus largement Trogir et de faire quelques tests de notre nouveau bateau, à commencer par l’annexe.

Ah l’annexe… Son poids n’est pas négligeable, mais nos lutins de l’équipe d’entretien ont mis en place un dispositif d’une simplicité et d’une efficacité déconcertante. Un plaisir que de la descendre de l’avant du pont (son lieu de stockage en navigation) pour la mettre à l’eau, et réciproquement. Nous ferons même quelques envieux parmi nos voisins par la suite.

Puisque nous avons un peu de temps, un défilé de mode ‘Malinero 2018’ s’organise avec obligation de porter la tenue officielle. Soyons modestes, c’est la grande classe !

Mardi, ayant  tous les justificatifs nécessaires (enfin on l’espère), nous retournons récupérer notre vignette, en craignant toujours un aléa administratif local de dernière minute. Et nous repartons avec le sésame en main et plusieurs kunas en moins. Direction Hvar sur l’île de Hvar. Nous naviguons au portant et rejoignons cette superbe cité. Les quelques places à quai sont toutes occupées, nous mouillerons donc sur bouée avec amarrage par l’arrière sur un anneau. L’exploration à terre se terminera, comme souvent au cours de notre périple, par une ascension jusqu’à une fortification permettant de bénéficier d’un magnifique point de vue.

Mercredi, notre objectif est Korcula, sur l’île de … Korcula. Nous sortons pour la première fois les vêtements de pluie, les orages étant assez forts dans la matinée. Mais comme toujours, tout fini bien donc sous soleil. La marina est petite, mais l’agilité de notre barreuse et la bonne volonté de Malinero nous permettent de réaliser des manœuvres de haut vol dans un mouchoir de poche. Korcula est encore une bien belle cité, et les environs ont plus de reliefs que précédemment. Mais toujours de jolies ruelles et de belles maisons.

Jeudi, nous souhaitons rejoindre Ston sur la presqu’ile de Peljesac. Un plan B doit toutefois être prévu car notre guide nautique indique un quai avec environ … 3 places et des fonds pas très profonds. Nous y allons confiants car une seule place nous suffit, et prudent car le chenal d’entrée est parfois très étroit, surtout avec 2,05m de tirant d’eau. Mais un peu de navigation précise ne fait de mal à personne. Avant Ston, une pause s’impose. Un mouillage en l’occurrence, suivi d’un bain pour les plus courageux. Nous repartons au grand largue puis voiles en ciseau. C’est la fête ! L’arrivée à Ston est bucolique, nous apercevons très vite ce qui est la plus grande muraille d’Europe (5 km). Il reste une place à  quai, elle sera pour nous ! Sitôt amarrés, nous rejoignons la muraille pour en franchir toutes les marches (équipiers pas entraînés s’abstenir). La vue d’en haut est absolument magnifique. Inutile de dire que la nuit sera calme, puisque nous ne serons finalement plus que 2 bateaux.

Vendredi, direction Dubrovnik. Nous entamons une longue bataille de virements de bord avec un 53’, et serons plutôt fiers du résultat. Pour nous reposer, un nouveau mouillage, un nouveau bain, presque la routine en fait. Arrivés à Dubrovnik, nous échauffons notre barreuse en l’envoyant en marche arrière au ponton gazole. Juste une mise en bouche. Nous rejoignons ensuite Dubrovnik Marina, réputée pour son étroitesse. Nous ne serons pas déçus. Nous commençons par reculer entre nos deux voisins, avec l’aide comme cela a toujours été le cas du personnel de la marina. Une fois coincés, leur consigne d’accélérer à fond pour reculer encore ne manque pas de nous effrayer. Il faudra détendre les amarres des voisins pour se rapprocher suffisamment du quai.

Nous aurons l’occasion de nous retrouver avec l’équipage de François pour une relève chaleureuse où l’on se transmet les informations pratiques et touristiques.

Ceux qui en auront la possibilité visiteront Dubrovnik, et notamment les remparts dont le tour mérite largement le détour.

La semaine sera passée trop vite, Malinero aura brillamment réussi ce galop d’essai, son excellent état et sa douceur d’utilisation ne pouvant que nous satisfaire.

L’aventure ne fait que commencer.

Amicalement

Michel

2018 01 - Au pays de la flibuste

Une première semaine à terre nous a permis de découvrir un peu la Martinique :

Ses distilleries et rhumeries diverses et fort nombreuses
Ses côtes au vent et sous le vent
Sa météo capricieuse
Ses restaurants (mention spéciale pour le Point de Vue près de Marigot, Chez Malou au Morne Rouge, et Pura Vida à Sainte Luce)
Mais pas sa Montagne Pelée restée cachée dans le brouillard.

Et de nous familiariser avec

Ses ti punchs
Le chant des grenouilles dès la tombée de la nuit
Ses moustiques
Ses mancenilliers (attention, danger)
Ses embouteillages qui n’ont rien à envier à la métropole….

 

L’heure est maintenant venue d’embarquer pour deux semaines de croisière aux Grenadines.

Le  Marin, nous voilà ! Embarquement sur Molène (1).

Amarres larguées jeudi midi, cap sur Sainte Lucie. Nous avons quitté la France, désormais l’anglais et les biwis sont de rigueur (du moins à terre).

Très rapidement l’équipe s’organise : préparateurs, goûteurs, consommateurs et nettoyeurs, pêcheurs, navigateurs et barreur évidemment.

Premier sujet d’étonnement : des noms de lieux parfois surprenants : Petit Tabac, Moustique, anse Canari, anse Cochon, anse Jambon, Troumaka… il y a même un Petit Bordel (curieusement je n’ai pas relevé de Gros Bordel !).

Deuxième sujet : les arcs-en-ciel extrêmement nombreux. L’explication est simple : il pleut souvent, voire très souvent.

Troisième sujet de préoccupation celui-là : le mouillage.

Il faut distinguer le mouillage à la bouée souvent proposé dans la plupart des ports et marinas dignes de ce nom (moyennant une poignée de billets) du mouillage à l’ancre beaucoup plus délicat : entre l’ancre qui dérape et refuse obstinément de crocher, et celle qui s’accroche quand on ne lui demande rien (et qui de surcroit nécessite l’intervention d’un plongeur volontaire pour la dégager), il y a peu de place pour celle normale qui croche où il faut quand il faut et comme il faut.

Particularité du mouillage dit « cocotier  » (d’usage à Cumberland Bay) :

une ancre à l’avant (vers le large) et une aussière à l’arrière frappée sur un cocotier (ou autre chose, tout dépend de ce qu’on a sous la main…). Manque de chance, l’ancre n’ayant pas croché à la première tentative, il a fallu recommencer la manœuvre (l’aussière arrière restant en place). Comme la jupe du catamaran paraît bien près d’un vieux ponton pourri et que les amarres sont souvent fatales aux poupes, des quarts de nuit de 2 heures ont été organisés par tirage au sort.

 

Après  la navigation, les repas constituent le sujet de préoccupation principal.

Un équipage heureux est un équipage abreuvé, rassasié, et reposé. Du point de vue du breuvage : rien à dire, il y en avait même trop. En revanche du côté solide, la mutinerie a bien failli gronder quand le pain est venu à manquer (les 5 baguettes payées à prix d’or aux Tobago Cayes n’auront pas suffi). Et Patrick n’aime pas les mutins, une bonne volonté s’est dévouée et a fait du pain avec les moyens du bord.

 

La vie à bord est rude, rythmée par le soleil (quand il se montre) et les apéros (sachons vivre !).

Entre deux navigations, l’équipage se repose, se livre à des expériences de chimie amusante, teste divers punchs, vaque à ses occupations domestiques, se livre à de menus bricolages (2) (réparation de latte de grand voile, ou de déchirure à grand renfort de strap et d’élastoplast), découvre les fonds sous-marins ou des terres inconnues, ou plus benoitement se livre à des jeux intellectuels (mots croisés, sudoku, anagrammes).

Les tentatives de pêche à la traine ne donnent hélas grand chose si ce n’est un spectacle de fous bruns (cousins locaux des fous de bassan), s’amusant dans le vent à plonger sur les leurres !

Le train-train quotidien est parfois rompu par une invitation à l’apéritif sur un bateau ami (c’est l’occasion d’apprécier les différents breuvages concoctés sur les bords respectifs), un barbecue sur une île avec observation in situ d’iguanes terrestres, ou encore une invitation à profiter des happy hours d’un bar voisin.

Par deux fois, on aura la chance de croiser un troupeau de dauphins.


Les nuits sont le plus souvent agitées de rafales de vent et de grains plus ou moins violents. Toutefois, le pyjama imperméable ne s’impose pas encore, quoique….on a entendu parler de hublots dont l’étanchéité laissait vraiment à désirer. A ce doux murmure se joignaient régulièrement les quintes de toux de membres de l’équipage récemment sortis de quarantaine.

 

Visites remarquables:

 

Port Elizabeth (Bequia) :

Son Whaleboner bar au mobilier en os et vertèbres de baleines,
Ses petites maisons bleues, orange, roses, accrochées à la colline,
Son artiste peintre Patrick Chevalier, également médecin et restaurateur (plats français du terroir),
Son marché de fruits et légumes, et ses marchands rastas typiques au doux regard plus qu’embrumé,
Sa plage à la sortie du port, accessible par un pittoresque sentier à flanc de falaise

 

Kingstown (St Vincent) :

Son marché aux poissons moderne (subventionné par le Japon ainsi que l’atteste la belle plaque apposée à l’entrée, si, si),
Son marché aux fruits et légumes, disposés en petites pyramides artistiques,
Ses rastas coiffés de l’énorme bonnet caractéristique, aux yeux pas toujours très clairs,
Ses marchands de tout et n’importe tenant boutique sur les trottoirs …

Comme il fait chaud et lourd malgré l’heure matinale, et que la pluie s’est remise à tomber (excellent prétexte), nous filons nous désaltérer au « bar » d’un hôtel sis non loin de la station de taxis. On se laisse séduire par le punch maison: EX-CEL-LENT, rien à redire.

 

Clifton (Union)

Son ambiance joyeuse et pittoresque,
Ses échoppes de fruits et légumes et de souvenirs divers,
Ses chèvres, chevreaux, chats et chiens qui déambulent librement dans la rue principale,
Ses maisonnettes peintes de couleurs vives,
Son  « Lambis bar » entièrement construit en lambis : une véritable hécatombe.

Mayrau

Son point de vue à 360°C sur les Tobago Cayes. Les plus courageux gravissent sous le cagnard la côte raide qui y mène et reviennent déshydratés mais ravis.

Cumberland Bay

Du mouillage cocotier (cf plus haut), on a le loisir d’assister à une cérémonie peu banale de baptême. Un homme, de l’eau jusqu’aux cuisses, tient une grande croix de bois face au large, tandis qu’un deuxième homme, de l’eau jusqu’à la ceinture, accueille le futur baptisé et procède au baptême proprement dit en l’immergeant totalement. Puis le baptisé sort de l’eau laissant sa place au suivant (aucun noyé à déplorer).

 

Une traversée mouvementée(Cumberland / Ste Lucie)

Le ciel plombé ne laissant augurer rien de bon pour le départ de Cumberland bay, Alain et Patrick ont revêtu leurs vestes de mer. En sus, Alain a prudemment chaussé son masque de plongée.

Dès la sortie de la baie, le vent se fait sentir, assez violent et la pluie commence à tomber drue. Mais le plus dur est à venir, en doublant la pointe de l’île de St Vincent en abordant le canal.[3]

Nota : pour la lecture du passage qui suit il convient d’endosser sa veste de mer, d’attacher son harnais, de se saisir du pommeau de douche (robinet grand ouvert évidemment)  et de tanguer autant que possible. C’est bon ? allez y …

 

A lire sur l’air de « Je suis le maître à bord »[4]

Et quoi les matelots vous avez tous la frousse

C’est vrai je le sais bien, il est vieux ce cata

Mais il reste du rhum, du vin et quelques  mousses

Pour le ramener enfin jusque la marina

Depuis 2 heures déjà le cata est en route

Le vent est contre lui, une mauvaise houle aussi

De tribord à babord, il va, il vient, il roule

Le cata va tanguant sous la force du vent

Bientôt c’est le « canal », on ne voit plus la terre     

La grand voile se déchire, il n’en reste plus qu’un tiers.

           

Ahhhhhh

Je suis le maitre à bord,

Encore je suis le maître

Les yeux me brûlent fort      

J’dois garder mes lunettes

Vivement ce soir mille sabords

Je vous promets bon pain, bonne douche

Oui mais avant faites un effort

Pour éviter qu’Molène n’se couche

Et maintenant le cap au Nord

Je suis le maitre à bord…

           

 

Depuis longtemps déjà, balancé par la houle

Le cata va bon train, et s’approche du Marin[5]

Mais l’équipage à jeûn depuis si tôt qu’il roule

Ressent alors grand faim et réclame du pain

Alors le capitaine, ne perdant pas la boule

Appelle les équipiers, leur dit je n’y peux rien

Voyez là-bas au loin, la terre se devine

Ce soir nous y boirons du whisky et du gin !

           

Ahh !

            Je suis le maitre à bord

A bord je suis le maitre

Tous mes copains de port

Ont dû le reconnaître

Je vous demande pour le moment

De mettre la radio en route

            Comme le système est défaillant

Y faut pas qu’on me brouille l’écoute

Et maintenant cap à tribord

Je suis le maître à bord….

 

 

Enfin le  vent mollit et la mer se calme

Et petit à petit, le rythme ralentit

L’équipage est sur le pont, balayé par les lames,

Qui se régale enfin de pain et Vache-Qui-Rit

Vous voyez bien mes braves que la tempête s’éloigne

Déjà la terre est proche, nous sommes à l’abri

Je vais enfin pouvoir desserrer la poigne

De mes mains sur la barre toutes endolories

           

Ahh

Je suis le maitre à bord

A bord je suis le maître

C’était vraiment très fort,

Il me faut bien l’admettre.

Et maintenant route vers le port

Nous allons pouvoir faire la fête

Du rhum, du vin, et du beaufort     

A s’en faire tourner la tête

Mais de repos je rêve d’abord

Je suis le maître encore.

 

Epilogue

Molène a rejoint Karma au ponton du Marin le jour dit, l’équipage au complet.

Ce fut une belle croisière.

 

Sylviane Colléter

 

(1)Et pour ceux qui l’ignorent « Qui voit Molène voit sa ….peine ! ».

(2)Depuis l’expédition toulonnaise, le marteau et le burin sont strictement interdits à bord.

(3)Canal : passage entre les îles, lieu de rencontre entre l’océan Atlantique et  la mer des Caraïbes. En général très aéré…..

(4)Comment ? Vous ne connaissez pas les chants de marins remarquablement interprétés par Mikaël Yaouank ??!!

(5)Le Marin : port d’attache du bateau, au sud de la Martinique….. puisqu’il faut tout vous dire…

 

2017 09 - Canada - le Saint Laurent

Je suppose que vous grillez tous d’envie d’en apprendre et d’en voir un peu plus sur le Saint- Laurent que ce qu’en ont divulgué quelques conversations éparses et quelques photos partagées.
Voici donc un aperçu des différentes expéditions dans la Belle Province.

D’abord les parcours.
Cinq équipages se sont lancés dans l’aventure, un en juin et quatre en septembre. Une particularité certainement inspirée par un certain protectionnisme déguisé en bonne raison, nous a obligés à recourir aux services de chefs de bord locaux, accessoirement propriétaires ou copropriétaires des bateaux.
Il existe bien des « guides » des marinas, nous en avons vu deux. L’un est un annuaire commercial répertoriant toutes les entreprises de tous ce qui se vend ayant un rapport avec l’eau, se trouvant plus ou moins le long du fleuve, l’autre qui donne pour tous les points abordables en bateau de plaisance, une liste exhaustive documentée des bars, restaurants, hôtels, boîtes de nuit etc… propres à distraire le navigateur à terre. Eventuellement un petit schéma de la marina quand elle existe.
Rien sur les approches !
Ceux qui ont utilisé les guides Fenwick ou Editions du PenDuick comprendront.

Cela n’empêche pas les québécois d’être très sympathiques et accueillants bien que, de temps en temps, manquent les sous-titres.
Quitte à passer quelques heures en avion pour l’aller et une de moins au retour, la plupart des participants en a profité pour visiter le pays soit avant, soit après, soit les deux.
Evidemment, le Lac Saint-Jean, le Fjord du Saguenay, Montréal, Tadoussac, La Gaspésie ont été visités. Quelques-uns n’ayant pas peur de franchir les frontières ont poussé jusqu’à New-York.

Sur l’eau, compte tenu des marées et de la quasi inexistence de mouillages abrités, les choix ont été plus restreints.
Soit atteindre Tadoussac en faisant largement appel au moteur, soit naviguer le plus possible à la voile faire demi-tour un peu moins loin.
Chaque équipage en a décidé suivant son goût.

Je vous laisse à présent partager notre périple au travers des photos et avis recueillis auprès des participants dans ce pdf

Les photos de Gabriel sont disponibles sur son site: http://www.saint-malo-photo.com/diapos_divers/quebec_2017/index.html

Les photos de François

Les photos de Florence